Une classe du lycée de Sabcé

Nous sommes arrivés à Sabcé à un moment très difficile, très cruel pour des dizaines d'élèves de collège ou lycée. Après le 15 novembre, s'instaure dans ces établissements scolaires un jeu du chat et de la souris, entre les élèves qui n'ont pas réglé la totalité des frais de scolarité et qui essaient, en vain d'ailleurs, d'échapper au regard scrutateur de l'intendant et celui-ci qui les interpelle sans ménagement devant les autres.

 " J'ai été chassé(e) à la récréation" est le leitmotiv que nous avons entendu pendant cette mission de fin novembre. Ce n'était pas un parrainage que ces élèves venaient nous demander, mais une aide immédiate pour rester en cours, et garder encore une chance d'avenir meilleur. On en a aidé beaucoup plus que prévu mais toutefois pas suffisamment, car même si une enveloppe est abondée pour faire face à des situations d'urgence, elle reste toutefois limitée car ABB n'est pas une super ONG... (Rappelons qu’il n’y a pas de caisse de solidarité dans les établissements scolaires, et que les familles ne touchent pas d’allocations familiales).

Cette situation est la conséquence de la sécheresse 2017 qui faisait suite aux mauvais rendements de 2016. Nombreux sont ceux qui se sont en effet endettés pour nourrir leurs familles et doivent rembourser au moment de la nouvelle récolte alors que la situation reste très tendue tout au long de l'année car la vie a beaucoup enchéri avec la mise en exploitation de la mine d'or qui dévore de plus en plus de terres arables et qui a provoqué l'arrivée de nombreux ouvriers qui très souvent dépensent sur place les salaires qui profitent aux vendeurs de motos, aux revendeurs de carburant ou aux prostituées.