Ernest et grand mère reduitUn groupe de sept personnes s’est rendu à Sabcé pour un séjour à cheval sur novembre et décembre, séjour volontairement  plus tardif que d’habitude pour tester les conditions climatiques. Résultat positif. Il y fait beaucoup moins chaud de sorte que les nuits sont presque trop fraîches.

Le précédent groupe avait laissé quelques consignes, notamment des vérifications et des chantiers à terminer. Globalement on peut dire « mission accomplie ».

La vraie et réelle difficulté a été liée à la rencontre avec certains élèves parrainés qui n’avaient pas été vus pendant le premier séjour ou qui l’avaient été mais avaient oublié  les bulletins scolaires/universitaires nécessaires pour recevoir la dotation. Mais là encore, des grèves à répétition dans l’enseignement, ont compliqué les prises de contacts, ce qui nous a incité à accélérer l’établissement d’un annuaire téléphonique : déjà tous les numéros des « grands » qu’ils soient à Ouaga, Fada, Koudougou… sont enregistrés ainsi que pour un grand nombre de lycéens et collégiens rencontrés à Sabcé et notamment à la Maison du Jumelage qu’ils fréquentent assidument pour y travailler jusque tard le soir. (Un troisième tableau a d’ailleurs  été réalisé à leur intention sur un des murs et sera électrifié l’année prochaine).

Dans le domaine de l’électricité nous avons porté plainte à la gendarmerie de Sabcé car des installations solaires à l’école B de Sabcé, à l’école et au collège de Mafoulou ont été la cible de voleurs. Nous avons alerté les autorités et responsabilisé les élèves car ils sont les premières victimes de ces dégradations puisqu’ils ne peuvent plus y venir travailler le soir.

C’est en visitant les maquis-bébés le jour de la distribution gratuite de bouillie que nous avons mesuré l’ampleur d’une catastrophe annoncée : la famine va venir frapper l’ensemble de la population du Bam et notamment du département de Sabcé dès le mois d’avril  prochain car le déficit de pluies est tel que les récoltes sont cette année très maigres pour ne pas dire quasi inexistantes. Les plus vulnérables, notamment les mères et les enfants sont dans l’oeil du cyclone famine. Il y a aussi les vieilles personnes qui n’ont plus la force de se rendre aux champs et qui ont charge de famille. Et elles sont nombreuses ces grand-mères dévouées qui, elles, n’abandonnent pas leur descendance… Nous ne citerons qu’un exemple celui d’Ernest laissé à la charge de sa grand-mère ainsi que ses deux sœurs et un petit frère qui ne mangent déjà pas à leur faim. Comment sera demain ?

C’est pourquoi ABB va se mobiliser et attirer l’attention de ses partenaires, mais aussi mettre en exergue les réalisations de la ferme de Guié* mise en valeur par l’ONG « Terre verte », située à une trentaine de kilomètres de Sabcé. On y pratique une culture collective et bocagère dont les rendements cette année prouvent qu’une agriculture raisonnée permet de rééquilibrer les déficits d’eau et de lutter durablement contre la désertification.

*Guié a essaimé au Burkina et créé d’autres fermes-pilotes dont une à Gouéma, près de Kaya. Ce sont même les agriculteurs de Gouéma qui sont été demandeurs :  un tradi-praticien a d’ailleurs remarqué que des plantes médicinales disparues depuis plusieurs décennies avaient réapparu. Comme quoi le bocage est un bon remède contre la sécheresse.