2015 college forges

 « Que ne pouvez-vous pas faire sans électricité ? ».

C’est une des questions posées à des élèves aussi bien de maternelle, que du primaire ou encore du collège (classe de 5ème) à Forges et au Fossé… lors d’interventions initiées depuis de nombreuses années par Alliance Burkina Bray auprès des scolaire de la région.

Les élèves ont ainsi pu mesurer tout ce qu’ils perdraient dans leur vie quotidienne et scolaire si le … courant ne passait pas. Quant aux loisirs, n’en parlons pas.  Pas de TV, pas de tablettes, pas de consoles… La liste est longue. Outre le coût exorbitant de ces jeux vidéo pour une population classée parmi les dix plus pauvres du monde, la dépense pour recharger les batteries n’est pas compatible avec leurs ressources.

Autre question : « Est-ce une chance de ne pas aller à l’école ? »

Au Burkina Faso, on évalue à 45% la population d’âge scolaire ne fréquentant pas l’école, car le nombre d’établissements est insuffisant, car les classes sont surchargées, car la scolarité est payante et enfin, en brousse, bien des familles n’en voient toujours pas l’utilité.

De sorte que près de la moitié des jeunes Burkinabé est en quelque sorte condamnée à ne pas évoluer. Les enfants non scolarisés ont des responsabilités très tôt : les filles partagent les tâches ménagères et sont aussi envoyées au bord des routes ou sur les marchés pour vendre des beignets ou toutes sortes de produits ; les garçons vont aux champs, gardent les animaux, recherchent du bois mort… C’est une activité répétitive à longueur d’année. Les écoliers brayons ont pris conscience que leur vie d’enfant ou d’ado était préservée et que c’était une chance aussi de pouvoir avoir des rêves.

Le rôle d’Alliance Burkina Bray est donc double.

Au sud, grâce aux parrainages (plus de 250 filleuls, du CP à l’université), l’association permet justement de rétablir (un peu) l’égalité des chances en facilitant l’accès à la scolarisation des plus démunis, des orphelins… Et au Nord, elle invite à une réflexion sur des avantages que les jeunes tiennent pour acquis mais qui sont bien enviables par au moins un quart de la population mondiale. Cette démarche a des répercussions très positives qui profitent sans tarder au Sud  et cela grâce à des professeurs qui initient des actions solidaires.

Après celui d’Auffay en février, c’était lundi , le collège Saint-Exupéry de Forges qui remettait un chèque de 1200€ pour l’éclairage solaire de « sa » cinquième école ; en effet, après Goungla, Nôh, Ouazellé, et Foulou, l’école de Kougsabla sera une nouvelle lumière qui s’allumera prochainement dans la nuit burkinabè.