Nous étions habitués aux nouvelles lénifiantes. "Tout va bien, ça roule etc."
Hier soir, c'est un Loïc très fatigué et excédé qui appelait depuis le... Mali.
Autant chacun s'était fait du souci pour la traversée du Sahara occidental et de la Mauritanie car il y aurait pu des tracasseries douanières et policières. Autant on se sentait rassuré pour l'équipe dès qu'elle se serait trouvée sur le sol sénégalais.
Un raid c'est une aventure en soi, et l'aventure s'est intensifiée lors du passage de la frontière à Rosso.

Le groupe était averti que cette ville frontalière allait mettre leur patience à l'épreuve,et qu'il serait sollicité sous divers prétextes, notamment financièrement.
La difficulté est venue de l'application démesurée de la loi concernant l'âge des véhicules. Pour limiter l'introduction de véhicules-poubelles, le gouvernement ne permet plus la cession de véhicules étrangers de plus de 5 ans.
Les douaniers ont commencé par refuser l'entrée du territoire à notre bus.
Loïc Courant expliqua que ce bus ne faisait que transiter par le Sénégal et, pour preuve, montra les visas pour le Mali et le Burkina. Rien n'y fit. Ce n'est que vers minuit que l'autorisation arriva mais à condition qu'une escorte l'accompagne jusqu'à la frontière malienne. Un douanier monta donc à bord avec nos amis. Ce n'est pas sûr qu'il se créa avec lui un courant de sympathie car, ouvrons la parenthèse, le problème possible avec les douanes, notamment au Sénégal, c'est la corruption. Fermons la parenthèse.
Loïc a averti le consul de France de la situation, celui-ci ne sembla pas informé de ce qui se passait à Rosso. Notre président lui raconta la situation en en soulignant le côté scandaleux.

Le bus reprit donc la route de nuit, longeant le fleuve Sénégal, mais les passagers ne purent en apprécier la beauté. Pour cet exode, la météo offrit un long orage, mais le chauffeur tint bon, dieu merci.
Au matin, il faisait halte à Kanel, une ville que Xavier connaît bien pour venir souvent dans un village situé à 5 km de là. Il avait prévu d'y rester au moins une journée avec les autres raiders. Mais la halte obtenue pour que le chauffeur se repose un peu ne fut pas assez longue pour que Xavier aille saluer ses amis. Il s'est vraiment senti frustré.

Le douanier ne descendit du car que lorsqu'il se présenta à la frontière. Ah, la confiance ne règne pas !
Ah, au fait, tout cela a eu un coût : 300 €.

Et le passage au Mali ? En un quart d'heure, c'était fait.
Nous avons été très bien accueillis, aucun problème.
Ensuite ce fut la route jusqu'à la première grande ville, Kayes.
Toute l'équipe s'est arrêtée dans une auberge qui accueille une radio locale.
"On va se reposer, cela va nous faire du bien".
Et puis un vrai repas sera le bienvenu car le temps passé à négocier fut seulement entrecoupé par des grignotages.

Aujourd'hui, grand repos, découverte de la ville, protection anti moustiques car à la sécheresse du Sahara succède une forte chaleur humide propice aux piqûres. C'est déjà commencé

Après cette mauvaise nuit, ce qui fait sourire nos amis est la perspective d'avoir un peu de plus de temps pour visiter le pays Dogon.

Sans doute seront-ils dimanche à Bamako.